Le souffle qui stimule la vitalité

Le souffle qui stimule la vitalité

Publié le 15/06/2022

SURYABHEDA PRÂNÂYÂMA

selon l'enseignement de la Hatha Yoga Pradipika

"Ha" signifie soleil et "Tha" lune. C'est le jumelage symbolique des deux forces d'énergie qui existent en toutes choses. Il représente les forces du mental et du prâna ou vitalité qui constituent le corps et le mental. 

Il existe dans le corps des voies spécifiques, que l’on nomme «Nadis», «Nad» signifie courant, pour la canalisation de ces deux forces. A l’image d’un circuit électrique qui conduit des courants d'énergie positif/négatif. 

La lune est associée à l'énergie mentale, c'est la force subtile qui a trait aux couches mentales et qui circule le long de «Ida nadi» qui est relié à la narine gauche et à l’hémisphère droit du cerveau et qui régit le côté gauche du corps. 

La force «Pranique» ou vitale est comme le soleil, dynamique et active. L’énergie «Pranique » circule par la «Pingala nadi» qui est relié à la narine droite et à l’hémisphère gauche du cerveau et qui gouvernent le côté droit du corps. Il est dit dans les commentaires de Swami Satyananda que les deux «Nadis» fonctionnent exactement comme les hémisphères cérébraux et alternent leurs fonctions par cycles de 90 minutes. Que les effets positif et négatif des deux énergies ont aussi une action sur le système nerveux parasympathique et sympathique.  Il est également enseigné que les deux sont responsable des extrêmes formes de l'introversion et de l'extraversion. Habituellement, ces deux forces n’opèrent pas simultanément ; tantôt prédomine la force mentale, tantôt c’est l’énergie vitale qui l’emporte. 

C'est par la pratique du Hatha yoga que s’établit un équilibre physique, mental, émotionnel et psychique, si toutefois la gestion des énergies du corps est menée correctement. Cette pratique permet aux fluctuations de ces deux énergies et à leur alliage de s'harmoniser et de s'unifier en une force unique capable de crée une condition propice à l’éveil et à l’ascension de l’énergie spirituelle par le passage médian, la «Sushumna nadi», en nous portant ainsi aux sommets de nous-même. 

La pratique de Suryabheda 

La HYP donne plusieurs enseignement sur la façon de conduire l’énergie dans le corps et ceci fonction des besoins de chacun et sous la supervision d’un enseignant de yoga qualifié et expérimenté. 

Les versets 48 à 50 nous enseignent la pratique de « Suryabheda » :

48 - Assis confortablement, le yogi doit se fixer dans sa posture, et inspirer l'air lentement par la narine droite.

49 - La rétention doit être tenu, jusqu'à ce que le souffle se diffuse jusqu'à la racine des cheveux et à l'extrémité des ongles. Puis on expire lentement par la narine gauche. 

50 - "Suryabheda" est excellent pour purifier le crâne et détruire les déséquilibres du "Dosha vent", et il élimine les vers. Il faut le pratiquer sans cesse.

Traduction en sanskrit :

"Bedha" a trois sens : secret, discernement et percer. «Surya » c'est l’énergie solaire, terme qui se réfère également à "Pingala nadi". Dans cette technique de Prânâyâma, l'inspire par la narine droite active "Pingala", la force vitale, dynamique.

Notre pratique de yoga en cours  collectif hebdomadaire  

Dans la pratique de yoga que nous avons partagé ensemble dans le cadre du cours collectif hebdomadaire et selon l'enseignement Viniyoga, je vous propose une séance EQUILIBRANTE ET PURIFICATRICE en positions couchées et assises. Avec pour bhâvana, ou attention mentale fixée sur : IN=EX, suivie dans les prânâyâma de Rétentions Poumons Pleins à l’aise (RPP).

Introduite par une petite préparation dans un enchainement fluide, suivi de postures en positions couchées, cette préparation peut exigeante du corps, du souffle et du mental en début de séance nous est favorable pour installer stabilité et aux bien-être dans l’asana, et nous permettre d’ajuster le couple effort-relâchement. S'ensuit un souffle long et fin favorable à la rétraction sensorielle, à la circulation de l’énergie dans les limites de notre corps, et à la concentration du mental qui peut nous conduire vers l’état de méditation. 

Cette introduction nous prépare également au grand cœur de notre séance et à cette action particulière qui se situe au niveau du corps subtil et plus précisément le long de la rivière centrale et de ces des deux rivières autour nommées « Ida et Pingala » qui constituent le cœur de notre pratique 

D’abord dans la continuité de l’attitude posturale précédente, c’est-à-dire en position couchée et avec l’introduction de rétentions en poumons pleins à l’aise en posture couché et asymétrique. Ensuite dans la posture assise sur 48 respirations dans «Candrabhedana prânâyâma», et «Sûryabhedana prânâyâma», qui se finalisent par le «Prânâyâma de Nâdîshodhana »,  l’ensemble est proposé avec des rétentions poumons pleins confortables. 

Cette pratique produit un effet relaxant et intériorisant, favorisant l’apaisement du mental, soutenu par les rétentions poumons pleins, qui peut nous conduire vers l’État de méditation.  Elle a une action équilibrante subtile et profonde au niveau des deux grandes rivières et prépare de façon fine et profonde le pranayama final et son action purificatrice. 

Bonne pratique 

Vincente 

 

 

 

 

Toutes les actualités